06.05.2005

NOUVELLE STAR: Roland et l'injustice!

   
 Comment éliminer un brillant candidat sous des prétextes obscurs ?


Roland, le plus grand chanteur découvert ces dernières années, vient d’être éliminé de « La Nouvelle Star », émission de télé croché de la chaîne M6. L’injustice est grande quand on voit quel candidat masculin a pris sa place…Il ne faut pas oublier que les plus grands voteurs sont les 10-18 ans, pas grand renfort de SMS… voici le mode d’emploi d’une injustice programmée.

 

Première étape : travailler sur l’image des autres concurrents, en particulier une blonde fadasse à la voix superbe. On ne va quand même pas enlever à Myriam son énorme talent mais je trouve complètement injustice qu’elle ait bénéficié d’un traitement de faveur : coiffure changée, petite photo retravaillée avant celle des autres…D’ailleurs, ce serait bien qu’une fille gagne puisque ce n’était pas le cas les autres années ; Alors qu’à la star ac’, c’est un garçon, qui, pour la première fois, a gagné… coïncidence ???

 
Deuxième étape : faire d’un petit brailleur de 17 ans un outsider pour que le suspens soit fort… et surtout pour garder l’audience et les votes SMS de toutes les Kevina de la terre qui aiment Kyo. Les moyens :
 

_excuser les prestations médiocres par une maladie des cordes vocales… Il chante faux ou il ne chante pas… mais il a dix-sept ans et il est beau. Quand Roland est malade ( comme aux deux derniers Prime) il ne dit rien, le jury ne cherche pas d’excuse. Il faut que ce soit Castaldi qui le fasse remarquer. A ce moment là, plan large sur le jury : Manu lève les yeux aux ciels en s’exclamant «  c’est pas une excuse » ou quelque chose dans le genre, et les autres font de l’ironie. Marianne était-elle sincère ? je ne sais pas.

 

_ transformer ses défauts en qualités. Le manque de voix : un autisme consécutif à l’incompréhension du monde… «C’est un révolté ». sauf que Damien Saez a une voix magnifique. Le manque de justesse : c’est un original qui nous emmène dans son monde. Il massacre les chansons mais « c’est pas grave » parce que c’est sa signature…la fainéantise et le manque de respect des autres : rappelez-vous le reportage où Pierrick dormait à tout bout de champ, ne prenant pas la peine d’écouter les consignes et conseils des professionnels. Ah ! mais non, ce n’est pas parce que à 17 ans comme tous les gamins de son âge il dort comme un loir sur les tables quand le prof parle (chassez le naturel…) c’est parce qu’il gère son énergie ! Il vaut mieux entendre ça qu’être sourd. Enfin, quand j’entends sa prestation, j’aimerais mieux ne rien entendre. D’ailleurs c’est bizarre, Pierrick n’est jamais aussi bon que lorsque ce petit logo X s’affiche dans le coin supérieur droit de ma télé…sauf qu’il est barré. Comme Pierrick.

 

Troisième étape : dévaloriser le candidat qu’on ne veut pas voir en final. Il suffit pour cela de faire des commentaires désobligeants, et quand on ne sait pas quoi faire «  pouffer » ou le traiter de « viking »…mais ce n’est pas tout ! Il y aussi l’arme du reportage qui est sensé faire l’apologie du candidat, le mettre en confiance…  du moins être une bonne introduction à sa prestation. Seulement voilà, hier soir, il y avait une nette différence entre le reportage sur Roland  et celui des autres. Pour Roland, quelques commentaires positifs du jury ont été cités alors que TOUS les commentaires négatifs de TOUS les prime ou été catalogués avec une exhaustivité scientifique d’un goût douteux. Pour Pierrick, un seul commentaire négatif repris avec la fameuse excuse « tu étais malade mon pauvre petit ». Pour Myriam, un commentaire négatif « tu es en train de prendre un sale chemin » ou quelque chose dans le genre et un autre commentaire assez négatif mais  rien sur la « fête de le bière », le «  populaire de bas étage »… je glose parce qu’en général j’ai une très mauvais mémoire pour ce genre de chose… moi. Il ne faudrait pas se tromper de cible, je n’ai rien contre Myriam et je crois même que, même si je trouve qu’il est mauvais , je n’ai rien contre Pierrick dont la famille est adorable.

 

Quatrième étape : s’acharner sur le candidat au prime de demi-final. Alors là, on a sorti les gros moyens. Tout d’abord, les commentaires de notre cher jury…Que l’on dise que Roland s’est vautré alors que sa prestation est magnifique, soit, chacun son avis. Mais que l’on en rajoute une couche au passage de Pierrick en disant « le pauvre Roland s’est vautré avec une chanson française alors que toi tu as fait une prestation magnifique » ( là encore je glose), je trouve ça carrément dégueulasse. On n’a pas à critiquer encore une fois le candidat qui précède.  Mais ce n’est pas tout : Dove se permet de commenter le duo Myriam/Pierrick ( au passage, Pierrick a chanté complètement à côté le deuxième couplet) alors que c’est normalement interdit ( dixit Benjamin la semaine passée) et ne dit rien des duos magnifiques avec Roland. Quant au mot de la fin, on atteint les sommets : pour Pierrick et Myriam, chacun des jurés exprime son désir de les voir en finale. Pour Roland : Rien. Ni dans les commentaires à la fin des chansons ni dans cette dernière intervention. C’est lamentable. Vous rétorquerez «  Ils se sont levés lors de sa seconde prestation ! » : oui, ils étaient obligés, toute la salle l’acclamait ! Quant aux propos de Manoukian : si l’on vote Roland c’est qu’on est romantique ( donc guimauve) si on vote Pierrick c’est qu’on aime le rock. Ca me fait penser aux culpabilisations du genre « si on vote non on est FN »… En attendant, les prestations de Roland sont pour la majorité des chansons Pop-rock ( Sunday Bloody Sunday, c’est romantique mais pas dans ce sens là, faudrait revoir votre terminologie littéraire mon cher…) voire Rock. Pierrick ? du faux grunge, des variets revisitées (massacrées ).  Cherchez l’erreur.

 

Cinquième étape : faire choisir les chansons par le jury. Résultat : deux gros tubes interplanétaires pour Pierrick ( My way/Comme d’habitude est la chanson la plus traduite dans le monde), deux chansons récentes disques d’or pour Myriam ( ma philosophie, 2004, n°1 du top 50 pendant plusieurs mois.Le tube d’Alicia Keys, 2003, un succès incroyable)… et pour Roland ? deux chansons d’une très grande qualité mais dont le public est bien plus restreint. Ajoutons enfin que le titre de Bauer nécessite des chœurs, et des effets de guitare qui n’ont pas été utilisés hier soir.

 

Maintenant que j’ai dit ce que j’avais sur le cœur depuis plusieurs semaines, je vais vous dire ce que je pense, moi, de Roland. Quand les autres candidats se présentant, ils font un numéro de cirque pour certains ou jouent au cheval de course pour d’autres, selon les propres termes de Myriam. Pierrick n’occupe pas l’espace, il court partout comme un petit rat stressé qui découvre un territoire inconnu (et qui le restera, inconnu). Roland paraît : on oublie qu’il s’agit d’un concours, on s’imagine alors qu’il est là star venue gracieusement chanter son dernier morceau, on ne compare pas, on se tait, on écoute et on pleure. C’est magnifique. Ce  n’est plus « la nouvelle star » une émission de télé réalité. C’est une émission de chansons avec Roland super star et des petits jeunes qui essaient de faire pareil. Alors chères maisons de disques, il serait temps de faire sortir son album à Roland. Quand aux producteurs de l’émission, vous avez effectivement garder les votes des Kevina fans de Kyo..  c’était d’ailleurs très malin comme choix de duos. Mais, réfléchissez deux secondes : y a t-il quelque chose de plus éphémère que les goûts musicaux des ados ? Avec Roland, vous touchiez quatre générations au moins, des gens qui achètent et qui ne téléchargent pas, des vieux des jeunes des jeunes adultes, des parents de quarante ans. Vous aviez avec vous la ville et la campagne. Vous pensez vraiment que Pierrick intéresse le public français adulte et sûr de ses goûts ? Pierrick est ( s’il est quelque chose) un fait de mode, comme les Pokemon. Dans quelques semaines on en n’entendra plus parler. Si Steve « fonctionne » un peu, c’est parce qu’il marche sur les traces de Cobain et son anniversaire de disparition, 2004, est passé.

Roland, lui n’a pas besoin de surfer sur les traces de quelqu’un d’autre, nu Kyo, Ni Saez, ni Cobain. Roland, c’est Roland, il est unique et sa voix, quoi qu’en dise Dove, est reconnaissable entre toutes. IL prend la scène et la salle dans sa main. Si la scène est une arène, il est Daniel domptant les lions d’un seul regard et qui les tient dans sa main.

A bon entendeur…

Calypsodie

 

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